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Christophe Navarro, président SAS Univet

« Etre contre l’abandon, c’est s’engager pour le bien-être de nos compagnons ; Univet s’engage au quotidien aux côtés des propriétaires qui partagent cette volonté de bien-être pour que leur vie soit meilleure. Avoir un animal, c’est en être responsable ; Univet est aux côtés des propriétaires pour les y aider…  »

Pour cette édition 2022, votre entreprise a tenu à être un partenaire important de la Journée mondiale contre l’abandon. Qu’est-ce que cela représente pour Univet dont vous êtes le président ?

Christophe Navarro : Univet est une association de vétérinaires et, par voie de conséquence, l’équipe vétérinaire est naturellement opposée à l’abandon, à ce qu’un animal n’ait pas la vie la plus paisible. L’abandon est un facteur de stress pour un animal, donc de souffrance. Et la souffrance heurte les vétérinaires et les assistantes.

Être partenaire officiel, c’est donc faire savoir qu’on est contre l’abandon, qu’on n’a pas une position complaisante par rapport à ça : je parle ici de l’abandon qui est sauvage, dans la rue, dans la nature sans recherche de solution.

 

Qu’est-ce que le réseau Univet ?

C’est aujourd’hui une association de vétérinaires mais pas dans le cadre de la loi 1901. Nous sommes une entreprise que les vétos ont fait le choix de rejoindre, dans un cadre mutualiste. Univet, c’est plus d’une centaine de vétérinaires associés avec un partenaire investisseur qui leur permet un développement auquel ils n’auraient pas accès seuls. Notre réseau rassemble 150 cabinets et cliniques sur toute la France et sur la Belgique. L’intérêt du regroupement est toujours d’améliorer le travail des équipes au quotidien. Améliorer la qualité de soins, la prise en charge d’un animal car il faut du temps et des moyens pour bien faire ce métier. Et c’est plus difficile dans un cabinet ou une clinique indépendante. Par exemple, nous mutualisons tout le travail administratif et les praticiens peuvent s’appuyer sur des cliniques équipées pour assurer un meilleur soin. Univet dispose ainsi d’un centre de dialyse et de centres d’imagerie alors que dans un seul cabinet, ce n’est pas possible.

J’ajoute que la transition générationnelle doit se faire et aujourd’hui les jeunes praticiens n’ont pas forcément le même profil d’entrepreneur que les anciens. Aujourd’hui, les jeunes s’inscrivent plutôt dans le désir de faire partie d’une équipe pour ne pas exercer seuls mais en préservant leur indépendance d’exercice. L’indépendance étant une valeur forte de notre entreprise, Univet travaille d’ailleurs au quotidien avec l’Ordre des Vétérinaires pour s’assurer de son respect.

 

Les jeunes vétérinaires sont-ils plus sensibles à la cause animale que leurs aînés ?

C’est un raccourci. Les anciens étaient très préoccupés non par le souhait d’avoir des soins très pointus mais le fait d’avoir un bien-être global des animaux. Les jeunes ont besoin d’incarner des valeurs, de donner du sens à leur engagement, à leur vie professionnelle. C’est là que la valeur éthique du bien-être animal prend tout son sens. Ils ont besoin de se retrouver dans une entreprise qui incarne des valeurs fortes par rapport à l’animal et à la biodiversité. Ce sont les valeurs d’Univet. Toutes les personnes qui entrent chez Univet signent une charte d’engagement autour de ces valeurs.

 

Les vétérinaires sont-ils concernés par les abandons de chats et de chiens ? 

Tous les jours ! Souvent, les propriétaires ne disent pas « je ne veux plus de mon animal », mais « je ne peux plus garder mon animal ». Nous préférons autant encadrer cela et chercher des solutions car souvent on les trouve. On a tous les jours dans nos cliniques des gens qui se présentent et qui nous disent ne plus pouvoir garder l’animal, pour des raisons économiques, de séparation, ou toute autre raison… Comprendre, cela passe d’abord par parler avec le client, lui laisser exposer ses difficultés. Il nous arrive de faire signer des abandons si la situation est impossible. En général, on arrive à placer l’animal sans faire intervenir une association. Il y a toujours dans notre clientèle quelqu’un qui a perdu son animal ou qui est sensible à sa détresse, sinon dans notre équipe directement. Certains abandons sont liés à des difficultés financières empêchant par exemple des prises en charges de soins chroniques et lourds. A ce moment-là, on leur demande de signer un acte d’abandon et on prend en charge l’animal pour ses soins et pour lui trouver une nouvelle famille qui pourra assumer ces soins. Rappelons à ce propos que dans un monde au sein duquel on veut toujours le dernier Smartphone ou le dernier accessoire à la mode, au sein duquel je me fais livrer à manger plutôt que de préparer un repas, au sein duquel la surconsommation est devenue une normalité, nous devrions relativiser la part du budget qui est dédiée à notre compagnon fidèle du quotidien.

 

Les vétérinaires sont aussi des partenaires incontournables des associations qui recueillent les animaux, pour des identifications, des stérilisations mais aussi des soins. Comment agissent-ils à leurs côtés ?

Il y a beaucoup d’associations et il s’en crée tous les jours. Les vétérinaires sont plus ou moins ouverts à cela, pour de raisons de temps ou économiques aussi. Ils agissent déjà en adaptant leurs tarifs, mais cela est laissé à leur libre appréciation. On l’encourage, à des tarifs adaptés, sans proposer deux médecines, l’une pour les animaux issus d’associations, l’autre pour ceux qui ont un maître. Cela suppose quand même un peu d’organisation et on demande à nos partenaires associations de venir sur des créneaux horaires ou des jours pour permettre à la clientèle privée d’accéder aux soins. L’effort des vétérinaires pour les associations n’est pas négligeable. En 2017, une étude avait révélé que la profession accordait dans notre pays 40 millions d'euros par an en faveur des associations de protection animale et/ou des personnes démunies : la profession vétérinaire est au premier rang des contributeurs de la protection animale en France !

 

Les cabinets et cliniques vétérinaires sont des acteurs importants dans la sensibilisation à l’identification et à la stérilisation qui sont les clés de la lutte contre l’abandon. Votre réseau a-t-il une communication ou des actions spécifiques sur ces thèmes ?

Aujourd’hui, on n’a pas d’action spécifique là-dessus, ce qui est certainement une erreur. C’est l’occasion de se remettre en question pour mettre en place toute une médecine préventive. Chez Univet, on permet de répartir le coût vétérinaire de son animal tout au long de l’année pour les soins prévisibles : ce sont les plans de prévention qui permettent de s’assurer une prise en charge minimale nécessaire dans l’année avec les vaccins, les antiparasitaires…C’est compliqué d’imposer l’identification qui est obligatoire en France. Notre but n’est pas d’aller frontalement contre le propriétaire qui ne veut pas identifier son animal. On n’est pas là pour juger, ni dénoncer, juste pour donner des informations de ce qu’est la loi.

Votre réseau est aussi engagé pour le développement durable. Comment cet engagement s’opère-t-il concrètement ?

Il y a plusieurs engagements qui prennent des formes multiples. Par exemple, on doit chauffer une clinique, autant le faire en énergie verte. Nous devons gérer nos déchets, fort nombreux à cause de l’usage unique. L’idée est d’adopter une démarche responsable pour limiter notre impact écologique : c’est notre responsabilité sociétale. Pour aller plus loin, nous avons créé notre fonds de dotation – Univet Nature – pour collecter des dons et soutenir une quinzaine d’ONG engagées pour la préservation de la biodiversité. Nos actions les plus importantes vont se situer sur des hotspots de biodiversité, par exemple sur les zones de forêt primaire à Bornéo et à Madagascar. Plus près de nous, nous soutenons par exemple un centre de soins en région Paca ou encore le centre Faune Alfort. Nous organisons annuellement un gala de l’espoir pour permettre aux associations que nous soutenons de récolter des dons, avec une visibilité inédite. L’an dernier, plus de 200 000 euros de dons ont ainsi pu être reversés.

Nous sommes très fiers de tous les programmes soutenus, mais nous admirons plus encore l’engagement de toutes ces personnes au sein des ONG qui œuvrent au quotidien pour sauver des espèces ou des milieux, parfois en quittant le confort d’un travail bien rémunéré dans des bureaux.

Notre fonds de dotation fonctionne indépendamment d’Univet. Son conseil d’administration est composé en majorité de professionnels des ONG (au côté de vétérinaires bien entendu) pour avoir un œil le plus objectif possible sur nos choix d’allocations. Cela nous permet d’avoir une efficacité réelle.

Vous-même, vous avez des animaux ?

J’ai trois chats. Lollipop, une chatte ragdoll, et deux gouttières, Cacahuète et Pistache. J’ai aussi deux chiens, une petite yorkshire depuis pas longtemps qui a été abandonnée. Elle s’appelle Ness. Elle a été amenée à la clinique suite à son abandon dans la nature probablement. L’autre est un cavalier King Charles, Olam, abandonné aussi mais en clinique pour raison de santé de sa propriétaire. Enfin, on a un lapin nain, Cajou, qui a été trouvé devant notre porte un matin. Il a une histoire un peu particulière car il avait deux pattes cassées. Un de mes associés, capable de réaliser ce type de chirurgie pointue, l’a opéré et depuis il vit en liberté dehors quasiment tout le temps. C’est pourtant un vrai lapin domestique, il a sa litière, il vient sur le canapé. La seule précaution que nous devons prendre, ce sont les câbles électriques. Il faut juste accepter le fait qu’on doit les changer régulièrement…

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